Les Malheurs de Fillon ne font pas mon bonheur

Les malheurs de Fillon ne font pas mon bonheur

« Pénélopegate » : les médias ont trouvé leur mot pour cristalliser la curée autour de François Fillon. Celui-ci se défend avec peine, évoque un complot dont il n'a pas la moindre preuve, et se rapproche chaque jour du renoncement.

On pourrait se réjouir au premier abord de l'embarras d'un candidat réactionnaire, dont le précédent passage au pouvoir a montré qu'il n'est pas un ami des Français. Néanmoins, j'ai préféré faire un exercice de lucidité politique, un exercice dont nous sommes friands au RPS-FIERS, et qui va au-delà de l'affirmation de grands principes.

Sur les faits tout d'abord : la pratique de recruter des amis ou de la famille sur les indemnités parlementaires est très fréquente. Il s'agit souvent de donner un statut à une personne qui est déjà un collaborateur proche, ou bien de mettre le pied à l'étrier de quelqu'un qui veut se lancer en politique.   Certains ont même embauché leur dentiste (affaire Cresson) … Et puis il y a un avantage à travailler en famille, c'est que l'on a moins de chances d'être trahi.

La somme avancée est de un million d'euros. Cette somme est modeste par rapport à d'autres affaires : on peut citer les emplois fictifs de la Mairie de Paris, les ventes d'armes des Pasqua, le scandale Urba, ou bien plus récemment les affaires Sarkozy. Notons pour ce dernier que les sommes détournées pour sa campagne, l'exploitation des troubles d'une personne âgée ou bien la suspicion d'avoir touché de l'argent d'un dictateur (affaire Khadafi) sont bien plus répréhensibles sur le plan moral que d'avoir offert un emploi fictif à sa famille. Or, ce qui frappe ici, c'est la différence de traitement dans les médias. On a déjà vu ça d'ailleurs avec l'affaire Cahuzac. Il ne s'agit pas d'excuser les agissements de Mr Fillon, mais bien de dire que le traitement particulièrement sévère qui lui est réservé est bien la preuve d'une chasse à l'homme. Au passage, la règle de Sun Tzu qui veut qu'on attaque un ennemi là où il est fort a été appliquée : il se présentait comme un candidat intègre, on l'attaque sur son intégrité.

Enfin, remarquons que Mme Fillon aurait touché de l'argent pour un rapport bidon : elle est mise en cause, le commanditaire non. C'est pourtant là que se trouve le vrai scandale.

Sur le fond maintenant : les primaires ont laissé souffler une brise rafraîchissante. Certes, ce dispositif est bien là pour nous condamner au bipartisme, et d'ailleurs les médias disaient « primaires de la droite » et « primaires de la gauche » comme si elles rassemblaient la totalité des tendances. Mais nous avons eu deux surprises : à droite, le duel Juppé / Sarkozy était annoncé, et c'est Fillon qui gagne ; à gauche on nous préparait à Valls / Montebourg, et c'est Hamon qui passe. A chaque fois les électeurs ont déjoué les prédictions, et à chaque fois pour choisir un programme clivant qui est en phase avec les idées de leur camp, alors que la tendance depuis des années est de se positionner plutôt au centre.

Et c'est bien là que le bât blesse : le peuple n'est bon que quand il vote comme on lui dit. S'il ne s'exécute pas, c'est qu'il se trompe, et il faut alors le corriger. Nous en avons déjà fait la triste constatation : en 2005, les Français n'auraient pas refusé le traité constitutionnel européen, mais aurait voté contre Mr Chirac, et le traité leur sera imposé plus tard par la voie parlementaire ; au Royaume-Uni, on nous explique que les Britanniques qui ont voulu sortir de l'UE sont vieux, racistes et incultes ; aux États-Unis, Donald Trump n'a été élu que grâce à des mensonges, et la majorité des Américains ne le reconnaîtraient pas comme leur président. A chaque fois le scénario est le même, quand une élection tourne mal pour le système, une belle histoire nous est racontée afin d'en annuler la légitimité, et les médias se déchaînent sur le vainqueur. Il me semble que Mr Fillon est victime ici du même processus. Il n'a pas voulu, après sa victoire aux primaires, donner des gages au système de sa soumission, le voici maintenant détruit. Et le peuple de droite, lui se voit voler sa victoire.

Non vraiment, je ne me réjouis pas d'une démocratie où les sondages et la pression médiatique comptent plus que la voix d'un électeur.

Une fois de plus, nos grands démocrates des médias font la preuve qu'ils n'aiment pas beaucoup le peuple.

Pour conclure, quelques prédictions : premièrement, aux prochaines élections présidentielles, soit il n'y aura pas de primaires, soit celles-ci seront beaucoup plus « encadrées » . Deuxièmement, si Hamon devient menaçant, par exemple suite à un rapprochement avec Mélenchon, alors il subira lui aussi une attaque. Pas besoin d'aller chercher une affaire, il suffira d'affirmer que le revenu universel n'est pas crédible, qu'on ne peut pas le financer et qu'il va ruiner la France. A force de répétition, on croira ce mensonge et le candidat Hamon disparaîtra de la course. Pour laisser la place à qui ? 

Yannick ( bureau RPS FIERS)

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